Parfois, on écrit sur une montre en se disant « celle-là, je l’aurais bien voulue ». Cette fois, je possède justement une paire de Star d’origine de 1966, alors la nouvelle me touche d’un peu plus près. Mais c’est l’histoire derrière la montre qui est le plus intéressant.

Le contexte — la liberté par le droit
À Watches and Wonders 2026, Oris a lancé une nouvelle montre baptisée Star Edition, une réédition fidèle de l’un des modèles les plus chargés d’histoire de la marque. La Star d’origine de 1966 n’était pas seulement une jolie montre des années 1960 — elle prouvait qu’Oris pouvait enfin faire ce qu’elle voulait faire depuis des décennies.
Le contexte est fascinant. Depuis la crise bancaire des années 1930, l’industrie horlogère suisse était régie par ce qu’on appelait le « Statut horloger suisse » — un ensemble de règles qui empêchait des sociétés comme Oris de fabriquer des montres à échappement à ancre. Elles étaient littéralement contraintes de produire des montres à échappement à goupilles, une technologie que l’industrie présentait activement comme inférieure. La concurrence était tenue en bride par la législation.
Ce n’est qu’en 1956 qu’Oris engagea le juriste Dr Rolf Portmann avec une mission : briser ce système. Il lui fallut neuf ans. En 1965, le statut tomba. En 1966 arriva l’Oris Star — la première montre de la marque dotée d’un mouvement à échappement à ancre. Elle représentait la liberté, au sens propre du terme.
Le design — fidèle à l’original
C’est précisément ce que j’apprécie dans la nouvelle Star Edition : elle ne cherche pas à moderniser l’original inutilement. Le boîtier est toujours en forme de tonneau, 35 mm, avec des cornes doucement intégrées qui se fondent dans la silhouette d’une façon authentiquement sixties. Le cadran est argenté avec de fins index bâtons, des aiguilles à pointe carrée et un texte imprimé comme « Star », « Automatic » et « 26 Jewels » — un détail que j’adore, pure nostalgie. Le guichet de date asymétrique à 3 heures reste en place. Et le verre est en plexi, exactement comme il se doit.

À l’intérieur, le Calibre 733, un mouvement automatique (basé sur le Sellita SW200-1) battant à 28 800 alt/h avec 41 heures de réserve de marche et arrêt seconde, étanche à 50 mètres. Le fond porte une gravure de l’ancien blason Oris des années 1960. Joliment pensé.
Prix et disponibilité
La Star Edition coûte 1 800 CHF (1 800 €) et sera disponible en mai. Elle n’est pas limitée, ce qui lui va bien — c’est une montre qui mérite de figurer durablement au catalogue plutôt que de devenir un effet de mode.
Pourquoi l’Oris Star de 1966 est-elle historiquement importante ?
C’était la première montre Oris à échappement à ancre, rendue possible seulement après la chute du Statut horloger suisse en 1965 — fruit d’une campagne juridique de neuf ans menée par le juriste Dr Rolf Portmann. Elle incarnait la liberté chèrement acquise d’Oris de construire les mouvements qu’elle voulait.
Quelles sont les caractéristiques de la Star Edition ?
Un boîtier tonneau en acier de 35 mm à verre plexi, un cadran argenté à index bâtons et guichet de date asymétrique à 3 heures, et le Calibre 733 automatique (base Sellita SW200-1) avec 41 heures de réserve.
Combien coûte l’Oris Star Edition ?
1 800 CHF (1 800 €), disponible à partir de mai 2026, et ce n’est pas une série limitée.

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